Historique

C’est le 10 février 1942 que fut inaugurée avec éclat la batterie offensive de 4 pièces de 380 mm en casemates, que l’on appelait jusque là Batterie Siegried et à qui on donna le nom de « Batterie Todt » pour rappeler le souvenir de l’ingénieur constructeur allemand tué la veille (janvier 1942) dans un accident d’aviation.
Deux jours plus tard, le 12 février, cette batterie entrait en action en effectuant un tir de contre-batterie pour favoriser le passage le long de la côte des cuirassés « Gneisenau » et « Scharnhorst » et du croiseur-lourd « Prinz Eugen ».

Cette batterie avait été placé au sud du Gris-Nez, au lieudit Haringzelle, et, constituait un ensemble redoutable.
Elle tirait des obus fusants ou percutants jusqu’à 42 kilomètres . Placée à une altitude de 60 à 70 mètres , selon la position des pièces, elle atteignait facilement les côtes anglaises.
Cette batterie protégée par des cathédrales de béton armé était défendue par 9 pièces de 75 en cuve pour assurer la défense anti-aérienne avec batteries de projecteurs.
La défense terrestre (en prévision d’un coup de main allié toujours possible et sans cesse redouté) était assurée par une ceinture de « tobrouks » (trous à bordure cimentée) armée de mitrailleuses de 8 en nombre variable.
Le personnel (18 hommes et 4 officiers par pièce de 380), celui de défense des côtes et de la D.C., des deux postes directeurs installés au « Cran Mademoiselle » et la batterie de protection du « Cran Poulet » était de 600 hommes.

DU 20 JANVIER 1942.

C’est le 20 janvier 1942 (donc avant l’inauguration qui fut faite en présence des plus hauts dignitaires de la Kriegsmarine, les grands amiraux Raeder et Dönitz notamment) que la pièce N °1 (où est installé le Musée) tira son premier obus.
L’activité de la batterie fut vive durant l’année 1942, plus discrètes en 1943 et importante après le 6 juin 1944.
C’est le 242eme bataillon d’artillerie côtière commandé par le capitaine de corvette Kurt Schilling qui était chargé des batteries offensives du Pas-de-Calais (la batterie Lindemann composée de 3 pièces de 406, la batterie Grosser Kurfust (Grand Electeur) de 4 pièces de 280, la batterie de Gris-Nez de 3 pièces de 170 et la batterie Todt).
…AU 29 SEPTEMBRE 1944

Il y eut bien quelques tirs le 6 juin 1944, jour du Débarquement. Mais… on se réservait pour une opération massive des Alliés à travers le Pas-de-Calais.
Finalement, la 3eme Division d’Infanterie Canadienne, venue de Normandie, le long de la côte, après avoir libéré Boulogne et investi Calais, allait s’attaquer i ia batterie Todt, commandée par l’enseigne de vaisseau Klaus Momber.
Les casemates étaient protégées par des champs de mines, des réseaux de fils de fer éiectrifiés et des points d’appuis antichars qu’on avait installé en hâte. Mitrailleuse et canons de campagne récupérés sur les troupes en retraite avaient été rassemblés autour du secteur de Gris-Nez, défendu par 1.800 marins et soldats.
La R.A.F. lança 532 bombardiers, le 26 septembre 44, sru Gris-Nez et 302 le 18, qui déversèrent 855 tonnes de bombes.
L’attaque fut menée !e 29 septembre 44. I! y eut d’abord à 6 h 35 un violent tir d’artillerie. Puis la 9rme brigade de la 3eme D.I. Canadienne attaque.
Le North Nova Scotia Highianders fut chargé de la prise de la batterie Todt.
Son chef, Le Lieutenanl-Colonel D.F. Forbes, se rendit célèbre dans toute l’armée anglaise en venant lui-même frapper à la porte blindée de la pièce l (le musée), afm de s’informer de l’importance de la garnison.
L’escadron «B» du 6eme régiment blindée, les chars Falails, Crocodiles et Awres, de ia 79eme division blindée britannique étaient de la partie.
A 6 h 45, ce fut l’assaut général.
A 10 h 30, l’affaire était réglée, les drapeaux blancs avaient fleuri un peu partout.
La dernière pièce à faire feu fut la pièce N° 2 alors que les fantassins canadiens étaient au-dessus de la casemate. Elle lança un dernier obus vers Douvres mais sans grande précision.
La capture du P.C. allemand installé au Cran aux Œufs détermina la reddition de l’ensemble de l’ouvrage, de même que l’incendie du filet de camouflage de la pièce I, incendie qui impressionna les marins allemands.
La casemate de la pièce N° 3 avait été écrasée par les bombes lourdes. La casemate N° 4, dans le bosquet, n’offrit guère une forte résistance.
Le brigadier Rockingham envoya au maire de Douvres le drapeau blanc qui avait flotté sur la batterie Todt.

Source: Nord-Littoral – Calais